Les figurations d’Abraham sur les vitraux en France
en illustration des textes bibliques
Mes vitraux favoris
Au-delà de l’émerveillement ou de la fascination suscitée par leur vue, les vitraux ont été
assimilés à des bandes dessinées qui relatent des évènements ou des scènes édifiants,
sur le plan religieux, pour les spectateurs ou les fidèles.
C’est oublier qu’à partir d'une hauteur limitée, les détails ne sont plus discernables et les
phylactères ne sont guère lisibles, a fortiori lorsqu’ils sont rédigés en latin. La même
remarque peut être énoncée pour les inscriptions au bas de chaque registre.
Les vitraux sont donc autant des interrogations que des réponses: après avoir décortiqué
les vitraux qui font apparaître Abraham en suivant l'ordre chronologique de leur
apparition,
il semble intéressant de suivre les récits bibliques où son nom apparaît: c’est ainsi que
l’on pourra cerner par ce qui est illustré et aussi par ce qui ne l’est pas, la place qu’occupe
Abraham dans les 3 monothéismes dont il est reconnu comme le “père” et aussi
distinguer en quoi il est patriarche, prophète voire héros.
Pour chaque chapitre on trouvera un lien vers le texte biblique puis quelques remarques
relatives à ce texte: s’il existe des vitraux qui illustrent le récit, les plus anciens parmi les
français les illustreront.
Genèse 11 : La généalogie d'Abram
Genèse 12 : La vocation d’Abram et Abram en Égypte.
Genèse 13 : Séparation d’Abram et de Lot.
Genèse 14 : Abram délivre Lot et la rencontre avec Melkisédech.
Genèse 15 : L'alliance de Dieu avec Abram par le sang et le feu
Genèse 16 : Agar et la naissance d’Ismaël.
Genèse 17 : L'alliance et la circoncision
Genèse 18 : Les trois visiteurs au chêne de Mambré
Genèse 19 : La destruction de Sodome et Gomorrhe
Genèse 20 : Abraham et Abimélek à Guérar.
Genèse 21 : La naissance d’Isaac et le renvoi d'Agar et d'Ismaël.
Genèse 22 : Le sacrifice d’Isaac
Genèse 23 : Mort et enterrement de Sara
Genèse 24 : Le mariage d’Isaac et Rébecca
Genèse 25 : Mort et sépulture d’Abraham.
Dans le chapitre 11, Abram n’apparaît que tardivement comme le fils de Térach qui prend
l’initiative de quitter Ur.
Cependant le Coran et un midrash relatent comment Abraham détruit les idoles de son
père qui le dénonce à Nemrod, le roi. Celui-ci le fait jeter dans la fournaise selon le
midrash et dans le Coran ce sont les adversaires d’Abraham qui le demandent. Abram
réchappe au feu alors que son frère Haran y meurt. C’est donc la première manifestation
du refus de l’idolâtrie par Abram.
Cet épisode est cité aussi par Ludulphe le Saxon dans le chapitre 31 de son Speculum
Humanis Salvationis si diffusé au Moyen-Age, et il y établit un lien typologique centré sur
la « libération » avec « Jésus-Christ descendit aux limbes libérer les saints patriarches et
prophètes – Les enfants d’Israël que Pharaon persécutait furent libérés d’Égypte – Notre
Seigeur délivra Abraham du feu que les Chaldéens avaient pour dieu - Notre Seigneur
libéra Loth et sa femme de la subversion de Sodome et Gomorrhe »
Ces récits, non bibliques, essaient d’apporter une réponse à une question sous-jacente
«Qui était donc Abram pour être choisi par Dieu pour une alliance et cherchait-il un dieu
unique avant que Dieu ne s’adresse à lui?»
Dans le chapitre 12, on distingue 2 parties bien opposées :
Dieu enjoint à Abram de quitter sa famille et lui promet une terre, une descendance et la
bénédiction.
Abram quitte Charan pour entrer en Canaan où il construit un autel qui marque son
installation symbolique.
Puis Abram est confronté à la famine (comme d’autres plus tard) et rejoint l’Égypte.
De peur d’être tué, il présente Saraï comme sa sœur (ce qu’elle est à moitié) et elle intègre
le cercle de Pharaon.
Dieu intervient en frappant de stérilité les femmes du royaume et quelqu’un informe de ce
fait Pharaon qui appelle Abram, lui reproche d’avoir menti et le couvre de biens avant de le
chasser.
Dieu confirme son alliance en protégeant Abram et Saraï d’une mésalliance, et leur
descendance avec eux.
A Sens, dans la cathédrale Saint-Étienne sur la baie 121, on trouve aussi la vocation
d’Abram et l’annonce d’une progéniture aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel.
L’iconographie ne s’est guère intéressée à l’épisode avec Pharaon
En 1516, à Sens, dans la cathédrale Saint-Étienne sur la baie 121, se situent,
notamment, 4 médaillons consacrés à Abraham.
Sur les médaillons 175 et 177 de la baie 13 (La Genèse) de la Sainte-Chapelle de Paris
se trouvent respectivement la promesse de Dieu à Abram et Abram construit un autel.
Les vitraux de la Sainte-Chapelle ont été créés vers 1246 et ont été beaucoup restaurés.
Dans le chapitre 13, après avoir quitté l’Égypte, Abram est riche et ses bergers
s’opposent à ceux de Lot ; Abram bien que plus âgé laisse Lot choisir: ce dernier choisit
le plus attrayant à savoir la terre de Sodome. Abram choisit la terre désignée par Dieu
qui lui confirme que sa progéniture sera aussi nombreuse que les grains de poussière.
On ne trouve guère de vitraux qui représentent cet épisode peu spectaculaire à la
différence du chapitre suivant.
Le chapitre 14 représente une rupture.
Il montre au contraire Abram courageux et prêt à livrer bataille contre des rois
précédemment victorieux pour délivrer son neveu Lot: il triomphe à son tour.
Mais il n’est pas belliqueux et sa rencontre avec un personnage « venu de nulle part »
qu’est Melkisédech est édifiante : Melkisédech est roi de Salem (plus tard Jérusalem) et
Abram a tué quelques-uns de ses descendants. Il bénit Abram et offre le pain et le vin
comme symboles de la paix (donc comme le Christ à la Cène); il est aussi prêtre. Abram
le reconnaît comme tel et après avoir accepté sa bénédiction il lui donne la dime.
Cette courte rencontre sera reprise dans l’Épitre aux Hébreux pour distinguer son
sacerdoce (puis celui du Christ) de celui des Lévites.
Abram rencontre aussi le roi de Sodome à qui il ne veut rien devoir.
Sur le médaillons 151 de la baie 13 (La Genèse) de la Sainte-Chapelle de Paris Abram
est vainqueur des Élamites.
Abram délivre Lot prisonnier
Abram secourt Lot attaqué par 4 rois voisins:
On trouve Melkisédech sur un vitrail de 1210 à la Primatiale Saint-Jean-Baptiste de
Lyon tenant vin et pain dans ses mains.
Plus d’un auteur se sont exprimés sur Melkisédech:
Pierre le Mangeur rapporte que les « Hébreux » disent qu’en fait il s’agit de Sem, un des
trois fils de Noé et, en effet, Rachi écrit qu’il s’agit bien du fils de Noé mais qu’il offre le
pain et le vin en signe de paix et de réconciliation puisque Abram vient de tuer
quelques-uns de ses enfants.
Ludulfe le Saxon rapporte une suite typologique, dans le chapitre 16 du Speculum
Humanis Salvationis. Elle est la suivante: «La Cène, la chute de la manne céleste,
l’agneau pascal et les offrandes de Melchisédech».
La prière eucharistique de la messe catholique rappelle ce don.
Voici la même scène à la Sainte-Chapelle de Paris
Melkisédech apparaît déjà sans Abram sur la baie 121 de la cathédrale Notre-Dame
de Chartres, précisément sous la rose nord, au-dessus de Nabuchodonosor qui adore
les idoles.
Melkisédech est aussi un roi respectueux de ses sujets là où Nabuchodonosor est
sanguinaire.
Les vitraux qui représentent Melkisédech sont innombrables mais il semblerait qu’ils
disparaissent au XXème siècle
Dans le chapitre 15, Dieu réaffirme sa protection à l’égard d’Abram (qui a vaincu grâce
à lui) mais Abram se plaint de l’absence de progéniture physique; il s’en suit un court
échange où Dieu répète sa promesse (autant d’enfants que d’étoiles dans le ciel) et
où « Abram eut confiance en l’Éternel, qui le lui imputa à justice ».
Dieu scelle son engagement par le sang et le feu après avoir annoncé la déportation
en Égypte.
La baie 121 de la basilique Saint-Nicolas à Saint-Nicolas-de-Port représente Abram
qui sacrifie un animal en holocauste (1875). La scène pourrait aussi se référer à la
suite du sacrifice d’Isaac.
Un vitrail récent (2016) en l’église Saint-André de Mairieux réalisé par Marie-Noëlle
Frumin (que je remercie et qui a été inspirée par l’abbé Piton) illustre les phrases de
Genèse 15-17 «Le soleil se coucha et la nuit se fit noire. Alors une fournaise et une
torche embrasée passèrent entre les morceaux des victimes. Ce jour-là Yahvé
conclut une alliance avec Abram»
Un vitrail de l’église Saint-Rémy de Troyes (ou Saint-Remi) réalisé par J-P Florence et
consacré à Moïse et à Abraham comporte, dans sa lancette inférieure gauche, une
scène désignée par certains comme le bûcher de Nemrod: les 2 autres lancettes se
rapportent à des épisodes qui préfigurent la Nouvelle Alliance (Rencontre avec
Melkisedeq et le Sacrifice d’Isaac) et il est plus logique d’y voir une autre
réprésentation de la première Alliance (Gen 15-17) d’autant plus que le personnage
dans le feu tient dans sa main gauche un globe comme c’est habituel pour Dieu le
Père. Il est vrai qu’Abram semble bien jeune mais l’âge d’Abram dans la Bible n’est
guère en concordance avec l’abord actuel…
Dans le chapitre 16, la foi d’Abram vacille devant Saraï et son impatience : elle lui
propose d’avoir un enfant avec Agar, sa servante-esclave.
Abram accepte mais les deux femmes s’entendent mal dès la grossesse d’Agar.
Abram choisit de ne pas intervenir et Saraï chasse Agar dans le désert : un ange de Dieu
intervient auprès de cette esclave qui, en retour, nomme Dieu, « Tu es le Dieu qui me
voit ». ».
L’ange lui apporte aussi sa bénédiction ainsi que la promesse d’une descendance
nombreuse mais non l’alliance.
L’enfant à naître après le retour chez Saraï sera Ismaël, « Dieu entend ».
Cet échange verbal n’est guère figuré sur des vitraux.
Dans le chapitre 17, Dieu qui se révèle pour la première fois sous le nom d'El-
Shaddai, reprend l’initiative.
Il promet non plus un peuple mais une multitude de nations dans le cadre d’une
alliance perpétuée de génération en génération.
En signe de cette alliance tous les hommes perdront une partie de l’organe de la
génération au travers de la circoncision pratiquée chez les nouveau-nés au huitième
jour.
Abram (« père élevé ») devient Abraham (« père d’une multitude) et Saraï («ma
princesse ») s’appellera Sara (« Princesse ») puisqu’elle donnera naissance à un
enfant.
A cette annonce Abraham rit dans son cœur et se prosterne devant Dieu : l’enfant
s’appellera Isaac (« Dieu rit »).
Ismaël est aussi circoncis et Dieu ne l’oublie pas dans ses promesses.
Sur la baie 13 de la Sainte-Chapelle de Paris se trouve cette scène de double
circoncision (157)
Dans le chapitre 18, l’Éternel et/ou 3 anges apparaissent au chêne de Mamré et
Abraham fait preuve d’un hospitalité diligente.
L’Éternel rappelle que Sara va être mère et elle rit sous cape en restant dubitative (ou
ironique ?); L’Éternel s’en émeut et déclare « Y a-t-il rien qui soit étonnant de la part
de l’Éternel »
Après le départ de 2 personnages, l’Éternel révèle le sort des habitants de Sodome :
Abraham entame des négociations pour préserver ses habitants malgré toutes les
préventions qu’il nourrit à leur endroit.
La rencontre d’Abraham et des trois anges apparaît dans la cathédrale Saint-Pierre à
Poitiers sur la baie 105 datée de 1190 (consacrée à Abraham, Isaac et Lot) .
Cet épisode est particulièrement riche et rend donc compte de l’hospitalité d’Abraham.
Le chiffre de «trois» invite à y voir la Trinité (selon saint Augustin)
Le veau, quant à lui, est tué dans l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris en 1615
(Baie 13)
L’annonce de la grossesse de Sara (tardive) accompagnée d’un rire préfigure le vitrail
de 1270 (provenant probablement de l’église des Dominicains de Strasbourg et visible
au musée de l’Oeuvre-Notre-Dame de la même ville): L’annonce de la naissance
d’Isaac pourrait évoquer l’Annonciation.
Dans la chrétienté (et avec saint Augustin encore) s’est posée la question du
« Seigneur » de la rencontre avec les trois anges et de la formule « Tres vidit et unum
adoravit » mais il n’a pas été retenu qu’il s’agissait du Christ.
La question est mentionnée sur la même baie 13 de l’église Saint-Étienne-du-Mont à
Paris
Dans le chapitre 19, le sort de Lot et des habitants de Sodome est relaté. Lot est
exfiltré, sa femme est transformée en statue de sel parce qu’elle n’a pas pu s’empêcher
de se retourner.
Les 2 filles de Lot le soûlent pour qu’il devienne père et grand-père à deux reprises.
Le vitrail ci-dessus d’Auxerre illustre ce récit et la destruction de Sodome est aussi
représentée à la Sainte-Chapelle de Paris (ci-dessous avec le chapitre 21)
A Auxerre dans la cathédrale Saint-Étienne se trouvent sur 2 registres de la baie 19
réalisée en 1225, l’annonce de la destruction de Sodome et Gomorrhe et la vaine
intercession d’Abraham en leur faveur.
Dans le chapitre 20, Abraham descend à Guérar dont le roi est Abimélec. Il présente, à
nouveau, Sara comme sa sœur.
Dieu apparaît en songe à Abimélec pour désigner Abraham comme un prophète et le
met en garde contre un rapprochement avec Sara.
Abimélec questionne Abraham qui répond par un demi-mensonge et Abimélec le couvre,
avec noblesse, de richesses ainsi que Sara, et l’autorise à séjourner à Guérar.
Dieu reste fidèle à sa promesse quant à la naissance d’un enfant d’Abraham et de Sara
(et Abraham est fidèle à lui-même).
On trouve dans la cathédrale Saint-Pierre à Poitiers (baie 105 datée de 1190)
l’histoire d’Abimélek avec trois médaillons:
Enlèvement de Sara par Abimélek
Abimélek rend Sara à Abraham et offre des pièces d’or à Abraham
Abimélek donne des troupeaux et des serviteurs à Abraham
Dans le chapitre 21, Sara donne un fils à Abraham, Isaac circoncis au 8ème jour.
Sara est ennuyée du rire que suscitera l’allaitement par une vieille femme: le sevrage
est marqué par un festin. Sara y voit Ismaël rire et elle veut chasser Agar ce à quoi
rechigne Abraham.
Mais Dieu promet de faire d’Ismaël le père d’une nation et son ange le sauve de la soif,
avec Agar, dans le désert.
[Dans le Coran, Abraham et Ismaël sont explicitement associés à l'élévation des
fondations de la « Maison » (2:127), et Abraham évoque une partie de sa descendance
installée près de la Maison sacrée (14:37).
Hagar n'est jamais nommée dans le Coran et n'est pas associée explicitement à ces
événements. Ce sont les hadiths et la tradition islamique qui identifient Hagar comme la
mère d'Ismaël et l'introduisent dans le récit de La Mecque, notamment avec l'épisode de
Zamzam et de Safa-Marwa.]
Par ailleurs, Abimélec exige d’Abraham qu’il jure que ni lui, ni sa descendance ne
cherchera à le tromper encore. Ils s’accordent ensuite, moyennant paiement, sur l’usage
d’un puits à Beer-Sheva.
Ce chapitre est illustré par 3 médaillons sur la baie 13 de la Sainte-Chapelle de Paris:
Sara présente Isaac nouveau-né à Abraham
Agar chassée par Abraham (avec une certaine inexactitude)
Agar dans le désert, visitée par un ange
Dans le chapitre 22, Dieu demande à Abraham de sacrifier en holocauste son fils unique
et aimé au pays de Morija. Abraham obéit et Isaac accepte de porter le bois même s’il
s’interroge.
Au moment où Abraham brandit le couteau un ange l’appelle et lui ordonne d’interrompre
son geste.
Après cette ligature, l’ange confirme la promesse déjà faite dans cette alliance dont la vie
d’un enfant était un des éléments.
Abraham voit un bélier dont les cornes sont prises dans un buisson et il le sacrifie.
Dans l’Islam Abraham est prêt à sacrifier un fils (non déterminé) et l’ange substitue un
bélier à l’enfant.
La scène est figurée à Châlons-en-Champagne à la cathédrale Saint-Étienne dans la
salle du trésor.
Le sacrifice d’Isaac y apparaît à coté de la Crucifixion et du serpent d’airain et date de
1138.
(Ce vitrail qui doit être le plus ancien de Champagne-Ardenne retournera à Châlons-en-
Champagne en 2027 après l’exposition temporaire de la Cité du Vitrail en 2026)
Il s’agit d’un vitrail d’inspiration mosane (Autel portatif de Stavelot) qui a été étudié par
Louis Grodecki et sur le plan épigraphique par Robert Favreau (qui estime que le vitrail
s’inspire de Rupert de Deutz)
On y voit donc l’intervention divine (symbolisée par une main) qui empêche l’épée
d’Abraham de s’abattre sur Isaac.
C’est un vitrail typologique; l’association avec le Nouveau Testament se trouve chez
Tertulien « En premier Isaac, lorsque, livré par son père en sacrifice, il porte lui-même
le bois qui lui est destiné, signifie la mort du Christ, concédé par le Père et portant le
bois de sa passion»
On trouve le transport du bois du sacrifice sur la baie 105 de la cathédrale Saint-Pierre
de Poitiers en 1190:
Sur d’autres vitraux, Isaac porte directement les fagots de bois (Baie 37 de la
cathédrale Notre-Dame de Chartres en 1205) ou bien même une croix verte (Baie 3 de
la Nouvelle-Alliance à la cathédrale Saint-Étienne de Bourges de 1210).
Le thème du transport (du bois) sera largement diffusé par Ludulphe le Saxon (1er
quart du XIVème siècle) dans son Speculum Humanis Salvationis dans son chapitre 43
où il associe le «Portement de Croix , Isaac et son fagot, le fils héritier de la vigne jeté
dehors et mis à mort et, enfin, les porteurs de la vigne de Canaan» (également
présents sur le vitrail de Châlons-en-Champagne).
Cliquer sur les images pour les agrandir ou les rétrécir
Dans la cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre, la baie 113 de 1190 (restaurée) montre
bien le bélier désigné par l’ange pour être sacrifié: pris dans un buisson d’épines, il
préfigure (selon saint Augustin) le Couronnement d’épines.
La baie 14 de l’église Saint-Patrice de Rouen (hélas, non accessible au public pour
cause de menace d’effondrement) montre la mise à mort du bouc dont l’holocauste
évoque le Saint-Esprit selon Rupert de Deutz.
La scène est également reproduite sur la baie 8 de la cathédrale Saint-Étienne de Toul
(1240), peu accessible.
Une représentation, assez originale, se trouve au tympan de la baie 7 de l’église
Saint-Michel de Bordeaux datée du premier quart du XVIème siècle: à droite, Isaac
porte du bois sur son épaule droite et un fagot sous son bras gauche; au centre se
trouve une scène de sacrifice du bélier; à gauche, Abraham lève son cimeterre et est
entravé dans son geste par un ange mais la victime est un donateur qui offre sa vie
avec ses deniers.
La photo provient du Corpus Vitrearum
Dans le chapitre 23, Sara meurt et Abraham, le nomade, paie le prix et devient donc
propriétaire d’un terrain pour y enterrer celle qui a initié sa descendance. Lui-même
et ses descendants y seront ultérieurement enterrés.
[La mort de Sara survient donc après le sacrifice d’Isaac.
Un midrash rapporte que Satan, dans sa perfidie, est allé voir Sara pour lui dire
qu’Abraham était en train de tuer Isaac (le sacrifier) et que Sara était morte de
chagrin et un autre midrash rapporte qu’après cette annonce, elle ne serait pas
morte de chagrin mais qu’elle serait partie pour chercher partout son fils et qu’elle
serait morte de joie en le voyant indemne]
Achat du champ d’Ephron
Le chapitre est illustré sur la baie 13 de la Sainte-Chapelle de Paris:
Mort de Sara
Dans le chapitre 24, Abraham envoie son serviteur Éliézer chercher une femme
pour Isaac : ce sera celle qui fait preuve d’hospitalité et c’est elle qui choisira de
perpétuer la génération après la mort de Sara.
La scène est représentée sur la baie 13 de la Sainte-Chapelle de Paris
Dans le chapitre 25, Abraham se remarie avec Ketura qui lui donne six enfants. Il
lègue tous ses biens à Isaac hormis des dons aux fils de ses concubines qu’il
envoie au loin pour ne pas faire d’ombre à Isaac.
Isaac et Ismaël se retrouvèrent pour enterrer leur père et le texte relate les premiers
éléments d’une nombreuse progéniture.
Dans la cathédrale de Poitiers, on trouve l’ensevelissement d’Abraham par Isaac et
Ismaël.
Il s’agit d’un vitrail moderne (caché par une rambarde sur une baie dont l’origine se
situe en 1190).
La même scène est figurée en 1850 sur la baie 13 de la Sainte-Chapelle de Paris dont
l’origine est en 1242.